L’exception Yu Kurosaki

La forge traditionnelle japonaise est l’une des merveilles de ce pays. Elle associe abnégation, sacrifice, patience, tradition et spiritualité.

Je suis passé par cette longue formation de cinq ans où  notre vie n’appartient plus qu’à l’atelier et au maître que nous accompagnons. Ce chemin parfois difficile mais toujours heureux égare de nombreux apprentis lors des premiers mois et/ou années et ceux qui arrivent au bout des cinq ans se voit récompensés de leurs efforts non pas par un diplôme mais par la fierté d’avoir atteint la porte qui s’ouvre sur le véritable apprentissage, celui de la confrontation avec soi même et non plus avec son maître.

C’est pour toutes ces raisons que Japonika Hamono respecte tant l’un des futurs plus grand forgeron de ce pays: Yu Kurosaki.

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Je ne connaissais pas Yu avant de finir mon apprentissage de forge traditionnelle à Sakai car comme beaucoup d’apprentis cette période se résume bien souvent à servir son maître et rester dans cette bulle que représente nos ateliers.

J’ai donc fait sa connaissance l’année dernière lors d’une première visite à Takefu. Beaucoup de monde hors du Japon notamment, connaissait déjà ce nom. Mais j’ai eu la chance de le rencontrer, de parler de nos apprentissages respectifs. Yu avec ses 37 ans est mon Senpai, car il a fini sa formation quand je commençais à peine la mienne.

Nous n’avions pas le temps de parler davantage car je devais rencontrer d’autres artisans de la région. c’est pour cette raison que je suis retourné le voir cette semaine avec Japonika Hamono.

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Yu Kurosaki fut l’un des plus jeune apprenti à ouvrir son propre atelier au Japon, à deux pas du centre de formation et des grandes forges du Takefu Village.

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Ce qui me frappe chez lui, c’est sa créativité. Comme les grands noms qu’il a vu lors de sa formation, Yu est toujours débordant d’imagination, et son côté jeune détendu lors des expositions et discussions disparaît soudainement quand le feu surgit de sa forge. la transformation commence et l’on peut voir un rythme et une manière de bouger que j’ai pu constater en regardant mon propre maître. Aucune frappe n’est inutile, tout est précis et harmonieux. Autant la force de son marteau nous bouscule que sa précision nous envoûte.

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Il faut le voir et être à ses côtés pour comprendre quel grand homme il est.

Car Yu ne travaille plus seul. Il y a 4 mois, il a ouvert un atelier d’affûtage pour former un jeune du Takefu Village. Collaboration étonnante d’un si jeune artisan qui parait si sage quand il enseigne à son élève.

Depuis aujourd’hui Japonika Hamono à l’immense plaisir de vous proposer sa nouvelle gamme de couteau martelé Fujin en Damascus VG10 inoxydable et terriblement tranchante. Le design brut de ces lames, au manche en bois de rose agréable à prendre en main ravira tous les amateurs de beaux couteaux.

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Les couteaux Kurosaki ne sont pas que tranchants et beaux, ils sont aussi incroyablement légers. Ce point s’explique par la faible densité de ce bois de rose et par la finesse de la lame. La découpe de viande et poisson se fait naturellement et sans fatigue du poignet. Le manche « Hakkaku » ou 8 angles, permet une bonne prise en main et facilite la découpe droite et en biais.

Retrouvez ces merveilleuses lames sur la page Yu Kurosaki

 

 

 

 

 

Tradition ancestrale

 

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Qu’est ce que la tradition? C’est la transmission d’une culture d’une génération à une autre. La culture de la forge japonaise se transmet depuis de nombreux siècles et c’est cette tradition qui permet de voir encore aujourd’hui des maîtres exceptionnels.

Quand on pense à la forge traditionnelle japonaise, on pense à la ville de Sakai, mais des villes comme Seki, Sanjo ou encore Takefu ont su protéger ce patrimoine au fil du temps, et même mieux encore, à transmettre encore aux nouvelles générations.

La coutellerie japonaise vient du savoir faire des forgerons en sabre et plus récemment des couteaux à couper les feuilles de tabac.

A Sakai par exemple nous avons retrouvé des sabres en fer datant du 5ème siecle dans des tumulus, ce qui atteste de la présence d’artisan à cette époque.

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A Sakai cette tradition fut utile pour reproduire les arquebuses et couteaux à tabac importé par les missionnaires portugais au 16ème siècle. A Sanjo, Miki, Niimi et Takefu ce fut le savoir faire d’outils agricole. Dans toutes les villes productrices les artisans se regroupaient pour fabriquer ensemble, bien que la plus grosse production se fasse à Sakai, les autres villes procédaient aussi ainsi.

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Tous les mois Japonika Hamono recherche ces artisans qui protègent cette longue tradition. A l’époque, forgerons, aiguiseurs et revendeurs apparaissaient sur de grandes listes en y inscrivant leurs noms et leurs emblèmes. Aujourd’hui tout ou presque est affiché sur internet. La différence est que nous sommes sur le terrain, motivé par votre envie d’en savoir plus et par celle de partager encore et toujours. Les artisans japonais nous font confiance depuis le début et nous permettent de visiter leurs régions.

Comme de nombreux visiteurs de notre blog et notre site, n’hésitez pas à nous faire part de vos remarques et de vos envies. Comme nous le faisons pour certains chanceux qui viennent au japon, nous pouvons vous faire découvrir des ateliers et des lieux typiquement japonais.

Toute l’équipe de Japonika Hamono vous souhaite une excellente année 2017 et nous ferons tout pour continuer la tradition depuis le Japon et avec nos artisans.

Merci de nous suivre plus nombreux chaque jour et pour vos partages.

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Liste des couteliers de Sakai au 16 ème siècle

お正月 Oshogatsu

Japonika Hamono vous souhaite une bonne et heureuse année 2017! Nous ferons de notre mieux encore pour vous faire découvrir toujours plus de Japon, de couteaux et d’artisans d’exception.

お正月 Oshogatsu, le Nouvel An en japonais, est un jour particulier, célébré dans tous les pays du monde de façons différentes. Le Japon n’échappe pas à la règle et les japonais ont leurs manières bien à eux de fêter le passage à la nouvelle année.

Ici tous les ans nous mangeons les 年越しそばToshi Koshi Soba (Nouilles du passage à la nouvelle année) avant minuit et on se dit 良いお年を Yoi Otoshi wo, bonne année.

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年越しそば Toshi Koshi Soba

Puis il est de coutume de se rendre au sanctuaire shintô pour y faire des offrandes et y prier, on appelle cela le Omairi. Il n’est pas rare de faire la queue pendant des heures afin d’arriver sur le lieu de prière. On y trouve de nombreux stand de jeux et de nourriture et on souhaite alors 明けましておめでとうございます Akemashite Omedeto Gozaimasu, ce qui signifie également bonne année, mais souhaité après minuit.

Dans certaines régions on célèbre aussi l’artisanat. La forge, utilisant le feu, l’eau et l’air est un domaine particulièrement lié aux dieux shintô. Et ici a Takefu Echizen, on rend hommage par des démonstrations de forge traditionnelle.

La dextérité et le savoir faire du maître (assis, chauffant le métal et dirigeant les frappes) et de ses deux apprentis (debout frappant) mis en scène dans la région de Fukui rassemble une grande foule et ainsi la tradition continue.

Ce mois-ci, ce sera justement des lames de Takefu que Japonika ira chercher, avec le jeune et talentueux Kurosaki.

A venir en janvier sur Japonika Hamono